Avis d’expert : "Il faut mettre en oeuvre une politique de gestion du risque de change dynamique"

Avis d’expert : "Il faut mettre en oeuvre une politique de gestion du risque de change dynamique"

La flexibilité du dirham peut-elle entraîner un risque de change accru pour les entreprises ? Oui, tout à fait. Bien que la valeur du dirham face aux autres devises reste déterminée principalement par l’évolution de la parité euro/ dollar, la part liée à la liquidité du marché local en devise prend plus d’importance. Cela est bien sûr dû à l’élargissement de la bande de cotation à l’intérieur de laquelle le dirham peut évoluer librement en fonction de l’offre et de la demande, qui passe de 0,6% à 5%.

Dans ce contexte de volatilité du taux de change potentiellement plus importante, les entreprises marocaines devront faire face au risque de change généré par leurs flux à l’international. Il devient indispensable pour elles de se doter d’outils de mesure des risques, de maîtriser et sélectionner les produits de couverture et mettre en place une gouvernance adaptée. Plus globalement, il s’agit de définir et mettre en oeuvre une politique de gestion du risque de change dynamique.

 

Quels instruments de couverture du risque de change les banques proposent-elles aux PME ?

Plusieurs produits existent pour couvrir le risque de change. Pour une PME, le change à terme reste la manière la plus certaine et la plus simple de se prémunir contre le risque de change car il permet de figer le cours de change à une échéance donnée. D’autres instruments, tels que les options, permettent aux entreprises de se couvrir contre un mouvement adverse en gardant la possibilité de bénéficier d’un mouvement favorable. Une combinaison d’options permet, elle, de couvrir un mouvement adverse en limitant le bénéfice d’un mouvement favorable. Les coûts de ces couvertures sont différents, d’où la nécessité de définir et budgétiser une politique de gestion du risque de change.

 

Quels sont les paramètres qui déterminent le coût d’un produit comme le change à terme ?

Le prix d’un produit qu’achète une entreprise pour couvrir son risque correspond lui-même au prix auquel la banque couvre ce produit. Prenons l’exemple d’une entreprise qui achète l’euro contre le dirham à 3 mois. Pour se couvrir, la banque emprunte le dirham à 3 mois et le vend contre l’euro au comptant. Les euros ainsi obtenus sont placés sur 3 mois, de manière à ce qu’au terme de cette période la banque soit certaine de disposer des euros pour les livrer au client et qu’elle ne reste pas en position de risque sur le dirham. Nous voyons donc que le prix du change à terme dépend de deux paramètres : le cours de change au comptant mais aussi le taux d’emprunt du dirham et le taux de placement de l’euro. Ce différentiel de taux implique que plus l’échéance est lointaine, plus le prix du change à terme à l’import sera élevé (dans la structure actuelle des taux, cela nous coûte plus cher d’emprunter le dirham que de placer l’euro).